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idel aujourdhui

Depuis 2000 à nos jours, le nombre d'IDE a augmenté proportionnellement beaucoup plus vite que la croissance démographique en France, d'après toutes les statistiques officiels. Par ailleurs, nous assistons à un transfert de masse des infirmiers salariés vers l'exercice libéral.

 

Pourquoi y a t'il tant d'infirmière et d'infirmier qui se tournent vers le libéral ?

 

 

Entre autres exemples, le nombre d'entrées en Institut de Formation en Soins Infirmiers était à plus de 18000 en 2000, pour dépasser les 30000 en 2003. Ce seuil est maintenu depuis et a atteint plus de 31000 en 2014, et plus de 30000 en 2015.

 

 

En parallèle, d'après les statistiques de Pôle Emploi, le cap des 8000 infirmier(e)s inscrits a été franchi en 2012. Force est de constater qu'il y a un problème majeur en France, de gestion de la politique de santé. Alors pourquoi maintenir autant d'inscriptions dans les I.F.S.I depuis toutes ces années ?

 

 

La lecture du tableau ci-dessous, vous permet de comparer l'évolution des effectifs des infirmières et des infirmiers en France depuis le début du siècle. Vous remarquerez la plus forte augmentation des IDE en libéral.

  

EVOLUTION INFIRMIERS SALARIES LIBERAUX
ANNUELLE TOTAL PUBLIC PRIVES ET MIXTES
2000 397506 340013 57493
2003 437525 376798 60727
PROGRESSION
2000 / 2003
10,07% 10,82% 5,63%
2006 483380 415509 67871
PROGRESSION
2003 / 2006
10,48% 10,27% 11,76%
2009 515754 438564 77190
PROGRESSION
2006 / 2009
6,70% 5,55% 13,73%
2012 579866 487063 92803
PROGRESSION
2009 / 2012
12,43% 11,06% 20,23%
2015 642875 531844 111031
PROGRESSION
2012 / 2015
10,87% 9,19% 19,64%

 

Source : DREES répertoire ADELI actualisé 2016 (hors DOM)

 

 

Si vous comparez les pourcentages sur la période ci-dessus de 2000 à 2015, vous constaterez que :

- le nombre total d'IDE a augmenté de 61,73 %

- le nombre d'IDE salariés a augmenté de 56,42 %

- le nombre d'IDE libéraux et en exercice mixte a augmenté de 93,12 %

 

En clair, le nombre d'infirmières et d'infirmiers libéraux a presque doublé entre 2000 et 2015. A lire à ce sujet notre article sur le rapport de la cour des comptes de 2015.

 

Vous avez peut être aussi remarqué une baisse peu importante du pourcentage de progression de l'effectif des IDE libéraux :

- d'une part + 20,23 % de 2009 à 2012

- et d'autre part "seulement" + 19,64 % de 2012 à 2015.

 

A priori ce ne serait pas significatif, du moins à ce jour. Il est encore trop tôt pour en déduire un léger "tassement" de la progression car l'explication est ailleurs : d'une part, vous trouverez la plus forte progression annuelle des effectifs libéraux en 2010 avec une augmentation de 6,54 % par rapport à 2009, et d'autre part, vous trouverez une baisse ponctuelle de la progression annuelle en 2013 avec un ralentissement à "seulement" 5,87 % par rapport à 2012.

 

Sinon ces dernières années restent stables avec une progression régulière supérieure à 6 %. Ce qui reste vraiment énorme et nul doute que le "marché" du libéral ne pourra vraisemblablement pas régulé, par rapport aux besoins de remplacement et d'installation des infirmiers en France, tout en tenant compte de certaines disparités locales.

 

 

- Ce début de siècle se caractérise par le "ras-le-bol" des IDE salariés du public et du privé et par une migration massive et croissante vers l'exercice libéral.

 

Quelques explications de cette défection du travail en structure : dégradation des conditions de travail, manque de reconnaissance professionnelle, mauvaise gestion des plannings, rémunération peu motivante ...

  

Autant il y avait une pénurie générale d'infirmiers libéraux remplaçants jusqu'en 2004/2005, autant certaines régions sont aujourd'hui saturées, ce phénomène s'étant grandement développé surtout depuis 2008.

 

Cela se vérifie sur le tableau ci-dessus, où la progression de 2006 de l'exercice libéral, dépasse les autres pour la première fois. Cette tendance se confirme par la suite avec l'accentuation de la progression de 2009.

 

A noter également, les effets de l'avenant N°1 (arrêté du 17/10/2008) et de l'avenant N° 3 (arrêté du 25/11/2011) de la Convention Nationale des Infirmiers, établissant pour la première fois, un zonage des infirmières libérales et des infirmiers libéraux, visant à améliorer la répartition de l'offre de soins et à lutter contre les "déserts médicaux".

 

Cette tendance est à nouveau confirmée sur l'évolution de la progression de l'effectif des IDE libéraux en 2012.

 

 

- En effet, dans ces fameuses zones sur-dotées, il n'y a plus d'installations possibles (sauf cession de patientèle), donc tous les nouveaux IDE qui débarquent en libéral chaque mois, sont condamnés à effectuer des remplacements, sur un potentiel de cabinets qui est volontairement limité.

Cliquez ici, si vous êtes intéressé par le statut d'infirmier(e) libéral(e) installé(e).

 

Avec trop d'IDE remplaçants, le nombre de remplacement à pourvoir, baisse significativement dans certains secteurs. Rajoutez à cela, le nombre croissant de services hospitaliers qui ne peuvent plus embaucher, faute de budget et de gestion "rigoureuse", la profession d'infirmier(e) subit la sombre perspective de "POLE EMPLOI" avec déjà plus de 5400 inscrits en 2009.

 

Par ailleurs, ces mêmes zones sont tellement sur-dotées, que beaucoup de cabinets peinent à développer leur patientèle, car le ratio "IDEL installé(e) - patients potentiels", devient franchement défavorable à cause du sureffectif professionnel.

 

Il parait urgent, voire vital depuis plusieurs années, de revaloriser cette profession, pour rééquilibrer les effectifs et leur répartition, de façon à répondre au mieux, à l'évolution des besoins de soins de la population, tant en structure qu'à domicile.

 

 

Êtes-vous à la recherche d'un(e) infirmier(e) remplaçant(e) ?

Êtes-vous à la recherche de remplacement IDEL ?

 

 

- Que va devenir l'offre de soins en France, avec la part croissante des personnes âgées, l'augmentation de l'espérance de vie et la baisse annoncée du nombre de médecin (merci au passage au numérus clausus mise en place dans les années 1980 et 1990), sans la moindre réaction à ce jour, des autorités concernées de tous les gouvernements successifs de tous bords ?

 

Il faut réagir dès maintenant (c'est déjà trop tard pour limiter les dégâts du passé), pour gérer au mieux le présent et surtout pour anticiper enfin notre futur.

 

Rappelons à nos amis technocrates et décideurs de tous bords, en France comme en Europe, que les soins au domicile des patients effectués en exercice libéral et "sous-rémunérés" à l'acte, coûtent bien moins chers à notre collectivité, que toute activité en structure avec des soignants salariés ...

 

- Ma conclusion se résume ainsi : 3 x hélas !

Hélas, se succèdent nos ministres de la santé ...

Hélas, l'art infirmier ne cesse d'être méprisé ...

Hélas, la politique prend le pas sur la santé.

 

Olivier Luck